Qu'est-ce que l'onction des malades ?

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Appelé autrefois « extrême-onction », l’onction des malades est, depuis le Concile Vatican II, comprise comme étant un sacrement de vie. Parmi les sept sacrements, l'onction des malades est en effet le signe de la tendresse et de la miséricorde de Dieu pour les personnes gravement malades. Par l’onction, le Christ vient vers le malade pour l’apaiser, lui rendre confiance, lui pardonner ses faiblesses et le fortifier moralement face à la maladie.
 

D'où vient le sacrement des malades ?

En guérissant malades et infirmes (Mt 4, 23), Jésus a manifesté la compassion de Dieu pour les hommes qui souffrent. Il guérissait l'homme tout entier, âme et corps, et fit participer ses disciples à son ministère de compassion et de guérison : « Guérissez les malades » (Mt 10, 8), leur dit-il en les envoyant en mission. De fait, ceux-ci « chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux infirmes et les guérissaient » (Mc 6, 12-13). Au moment de les quitter définitivement, Jésus ressuscité renouvelle cet envoi : « En mon nom (...) ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris » (Mc 16, 18).

Le rite de l'onction des malades, sacrement de la compassion du Christ, puise néanmoins son existence dans les dernières lignes de la Lettre de saint Jacques Apôtre :

L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. »

Jacques 5, 14-15

En résumé, comme l'indiquait le pape Paul VI, à la suite du deuxième Concile du Vatican, dans le préambule de la Constitution apostolique sur le sacrement de l'onction des malades : « Cette onction sainte des malades a été instituée par le Christ notre Seigneur comme un sacrement du Nouveau Testament, véritablement et proprement dit, insinué par Marc (Marc 6, 13), et recommandé aux fidèles et promulgué par Jacques, apôtre et frère du Seigneur » (Constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum)
 

Comment est célébré ce sacrement ?

Parole et sacrement forment un tout inséparable. La liturgie de la Parole, précédée d'un acte de pénitence, ouvre la célébration.

  • la lecture est celle de l'Épitre de saint Jacques.

Puis, la célébration du sacrement comprend les éléments suivants :

  • le prêtre impose - en silence - les mains aux malades, geste appelant la descente de l'Esprit Saint ;
  • il confère alors l'onction avec l'huile des malades - qui a été bénie par l'évêque entouré de tous les prêtres lors de la messe chrismale - en priant ainsi sur les malades dans la foi de l'Église :

Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l'Esprit Saint ;
R/ Amen.
Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'il vous sauve et vous relève.
R/ Amen. »

Rituel du sacrement de l'onction des malades


Quels sont les effets de ce sacrement ?

Le Catéchisme de l'Église Catholique rappelle que le sacrement des malades est un sacrement de guérison intérieure et, parfois, physique : « Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l'âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu » (§ 1520).

Il a pour effets, précise encore le Catéchisme au § 1532 :

  • « l'union du malade à la passion du Christ, pour son bien et pour celui de toute l'Église ;
  • le réconfort, la paix et le courage pour supporter chrétiennement les souffrances de la maladie ou de la vieillesse ;
  • le pardon des péchés si le malade n’a pas pu l’obtenir par le sacrement de la Pénitence ;
  • le rétablissement de la santé, si cela convient au salut spirituel ;
  • la préparation au passage à la vie éternelle » à ceux qui sont sur le point de quitter cette vie.

L'extrême-onction, qu'on peut appeler aussi et mieux l'onction des malades, n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse. »

Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, § 73