Eglise de Néville sur Mer

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Eglise Saint-Martin de Néville sur Mer

L'église de Néville sur Mer est sous le vocable de Saint Martin et de la Sainte Trinité. De l'ancienne église, il reste le portail du midi avec les deux meurtrières qui l'accoste ainsi que les quatorze modillons du larmier. Au nord, les trois fenêtres meurtrières avec les dix modillons qui subsistent, le tout de style roman du 11ème siècle.
Les seigneurs de Néville en donnèrent le patronage à l'Abbaye de Montebourg quelque temps après sa fondation. En 1681, l'archidiacre constata un certain laisser-aller à l'intérieur de l'édifice. Aussi le curé et les paroissiens se mirent au travail.
L'année suivante les fondements du clocher se trouvaient réalisés ; mais ce n'est qu'en 1685 qu'il fut terminé. La pyramide qui était prévue au sommet fut abandonnée et remplacée par quatre petits tourillons pleins reliés ensemble par une balustrade en granit, soulignée d'un encorbellement discret. Trois cloches y furent montées. Au bas du clocher on peut lire l'inscription suivante F.F.P.M.D.F.C 1709 (fait faire par messire David Fossard curé 1709). Seulement pour le construire, il avait été omis de demander l'autorisation de l'Abbé de Montebourg, patron de l'église. Ce dernier, se plaignant de l'humidité provoquée par la noue située entre le clocher et le toit du choeur, obtint du bailliage une sentence condamnant la paroisse à raser le clocher. Sur une supplique des paroissiens de 1711, cette sentence ne fut heureusement pas mise à exécution.
Au milieu du 18ème siècle, le vieux choeur roman tombait en ruines et la nef était insuffisante. En 1763, les ouvriers abattirent tout ce qu'il ne fut pas possible de conserver de l'église du 11ème siècle. La nef fut allongée, le choeur reconstruit et agrandi, et une sacristie bâtie à la suite.
A la Révolution, comme ailleurs, ce qui servait au culte et deux cloches furent expédiés au district de Cherbourg. Le mobilier alla au plus offrant.
En 1855, une cloche nommée Léonie Céleste Marie prit place dans le clocher.
A l'intérieur, la voûte de la nef est de style roman tandis que celle du choeur se rapproche plutôt de l'anse de panier. Toutes les fenêtres ont leur embrasure intérieure soulignée d'un boudin. Une grande arcade, plein cintre, sépare la nef du choeur, elle porte la perque du crucifix du 19ème siècle. Le sanctuaire comporte un autel en marbre blanc du début du 20ème siècle. Il est adossé sur un rétable du 19ème siècle orné de deux pilastres fleuris, deux cartouches, deux pots à feu et une gloire rayonnante ; avec, à gauche, Saint Martin, évêque et à droite Saint Benoît. Les stalles et bancs du choeur sont du début du 20ème siècle. L'autel de la Sainte Vierge est adossé à gauche de l'arcade, tandis qu'à droite se trouve celui de Saint Sébastien.
Au bas de la nef est placé l'autel du Bienheureux J.B Pontus, avec sa statue ; oeuvre du statuaire M. Déchin. Les peintures ont été réalisées par M. Jeanne. Le Bx Pontus, né à Néville en 1763, vicaire à St Sulpice à Paris, fut massacré au couvent des Carmes le 2 septembre 1792. Il a été béatifié le 17 octobre 1926.
Devant cet autel, les fonts baptismaux sont de 1928. Remarquer le bénitier en forme de potiron.
Les vitraux garnissant les fenêtres sont de 1894-1899 et début du 20ème. Dans le choeur : à gauche apparition du Sacré-Coeur, Agnus Dei ; à droite : remise du rosaire à St Dominique, St Pierre, Bx Thomas Hélie. Dans la nef : à gauche : Notre Dame de Lourdes ; à droite : St Louis et sa mère, supplice de Ste Jeanne d'Arc avec en médaillon Félix et Joseph PONTUS, victimes de la guerre 14 -18.
A l'extérieur, le portail roman du 12ème siècle, encadré par deux fenêtres meurtrières, a été restauré en 1928 et un bas-reliefs de la charité de Saint Martin placé dans le cintre. Sculptée dans une roche dure extraite des carrières de Chauvigny (Poitou), c'est l'oeuvre de M. Bouet, statuaire à Caen. Les portes en chêne massif, posées la même année sont en bonne harmonie avec l'oeuvre placée au-dessus. Regarder, tout prêt, le cadran solaire.
La cloche porte les inscriptions suivantes :
"J'ai été nommée Marie Louise Victorine Michelle par mes marraine et parrains Marie Fautrat-Lehot, l'Abbé Charles Omont, Gaston Ambrois, Michel Pontus. Fondue en 1855, refondue et restaurée en 1985 S.S. Jean Paul II étant pape. J'ai été bénite par Mgr Wicquart évêque de Coutances. L'Abbé Louis Gosselin étant curé. Jean Lejeune étant maire, conseiller général.
Gratias agamus Domino Deo nostro
Cornille Havard, fondeur à Villedieu."