Eglise de Valognes

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Eglise Saint-Malo de Valognes

Son histoire et son architecture


L'église paroissiale Saint-Malo de Valognes est citée pour la première fois dans une charte du duc Guillaume le Bâtard, vers le milieu du XIe siècle.
De l’ancienne église romane, jadis située à proximité du manoir ducal, seuls subsistent aujourd'hui quelques éléments de sculpture, retrouvés lors des travaux de la Reconstruction (conservés au Musée des Vieux Métiers de la ville). Le choeur de l'église actuelle, réédifié vers le milieu du XVe siècle, constitue l'un des plus remarquables spécimens d'architecture de style gothique flamboyant de Normandie.
Il présente extérieurement une silhouette élancée, articulée par de puissants contreforts, dont la monumentalité est renforcée par la présence d'une crypte formant soubassement. Au sommet de l'élévation, une balustrade ajourée relie les pinacles hérissés de gargouilles grimaçantes.
L'intérieur du sanctuaire surprend par son spectaculaire étagement de voussures, s'additionnant au-dessus des grandes arcades pour supporter la galerie de circulation qui court à l'étage des fenêtres hautes.
Véritable morceau de bravoure architectural, le choeur de l'édifice contraste avec la sobriété dénudée de la nef, intégralement reconstruite après les bombardements américains de 1944. L'architecte Yves-Marie Froidevaux (également connu pour la restauration de l'abbatiale de Lessay) a privilégié une esthétique résolument moderne, où les piliers légers, à l'épiderme de béton brut, soutenant la voûte, dégagent un volume ample et lumineux.
Une tour de croisée formant lanterne a remplacé l'ancien dôme Renaissance, qui faisait jadis la fierté de la ville.
Sur son flanc sud, l'église est précédée par un petit baptistère de plan carré et par un long porche couvert, dont chaque pilier est orné d'une figure biblique.

Saint Malo


La dédicace de l'église à saint Malo ne remonterait, selon la tradition, qu'aux environs de l'an 1160, lorsque le roi Henri II d'Angleterre fit don à l'église d'une relique du saint, provenant de l'abbaye Saint- Victor de Paris. Mais le culte de ce saint d'origine celte, vénéré aussi en plusieurs autres églises des environs, pourrait facilement remonter à l'époque du Haut Moyen Age, lorsque les campagnes du Cotentin, fraîchement christianisées, reçurent l'influence de missionnaires venus des îles britanniques.
Saint Malo - également dénommé Machus - serait né au Pays de Galles au VIe siècle. Il y suivit, dans un monastère, l'enseignement de son parrain en religion, saint Brendan, dont il partagea le fabuleux voyage vers l'Île Fortunée. Elevé à la dignité épiscopale, il aurait ensuite débarqué en Bretagne continentale, où il fonda le monastère d'Aleth, sur le site de la ville de Saint-Malo, et accomplit d'innombrables miracles. Quittant la Bretagne en raison de conflits religieux, il se serait alors rendu en Aquitaine, à Saintes, où il mourut de sa belle mort et fut inhumé, vers l'an 640.