Eglise de Ruffosses

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Eglise Notre-Dame des Anges de Ruffosses

Avant la moitié du XIXe siècle, l'édifice cultuel le plus ancien de Ruffosses était la chapelle Notre-Dame de la Délivrande. Celle-ci avait été érigée par des marins au XVIIe siècle, suite à un voeu. Plusieurs pèlerinages de matelots s'y déroulaient chaque année. Elle fut desservie jusqu'en 1851, puis abandonnée, interdite en 1853 et finalement vendue.
C'est à cette époque, alors que la paroisse de Ruffosses se voit érigée en succursale, qu'on décide de construire une église. Comme l'indique l'inscription placée sur son chevet, celle-ci fut bâtie sur le domaine de Rochemont en 1850, terrain donné par Mme Féline de Montdésir, née Sivard de Beaulieu. En 1854, on réalise le plafond de l'église et l'achèvement de l'édifice intervient probablement à la fin du XIXe siècle.
Ce lieu de prière subit les bombardements de 1944 et voit sa voûte s'effondrer en 1947. La municipalité et le Ministère de la Reconstruction (MRU) restaurent l'édifice dans les années 50.
C'est une église néo-gothique, style en vogue au XIXe siècle, à la suite des travaux de Viollet-le-Duc.
Son plan présente la forme traditionnelle d'une croix latine orientée. La nef à 5 travées et le choeur à 2 travées sont voutés d'ogives ainsi que les deux chapelles qui constituent les bras du transept.
Les nervures retombent sur des culots sculptés de motifs végétaux et zoomorphes (pélicans, colombe .. .), programme symbolique dans le goût du XIXe.
Si la statuaire reste relativement discrète, l'édifice offre en revanche une collection intéressante de vitraux, retraçant la vie de la Vierge, réalisés par des maîtres verriers dont Mazuet de Bayeux et Lorin de Chartres. Mais la véritable originalité de l'église est d'être nichée au coeur d'un massif de rhododendrons et de bambous, toujours remarquablement entretenus, héritage exotique de la famille de Montdésir.


Notre-Dame


L'église de Ruffosses est consacrée à la Vierge Marie, comme plus d'un millier d'église en Normandie. Il est vrai que Marie jouit d'une prééminence absolue parmi les saints dans les églises d'Orient et d'Occident, car elle a le privilège d'avoir été la mère de Jésus qui, aux yeux de la foi chrétienne, est pleinement homme tout en participant de la nature de Dieu.
Le culte marial est particulièrement actif au XIXe siècle en France. La doctrine âprement débattue de l'Immaculée Conception y est érigée en dogme par l'Eglise Catholique en 1854. Marie serait née "sans pêché", comme Jésus, d'un baiser échangé entre Anne et Joachim à la Porte d'Or de Jérusalem.
Comme la plupart des thèmes mariaux (Assomption, couronnement, Dormition), le Mariage de la Vierge (vitrailF) n'est pas évoqué par les Evangiles canoniques. Les textes apocryphes, suivis par la légende dorée de Jacques de Voragine, ont comblé cette lacune avec beaucoup d'imagination. Lorsque Marie, élevée au Temple de Jérusalem, atteint 14 ans, le grand prêtre convoque tous les descendants de David, bons à marier. Chacun doit porter une baguette, et celui dont la baguette aura donné des fleurs sera l'époux de Marie. Joseph triomphe de l'épreuve, et la colombe du Saint Esprit vient se poser sur sa baguette fleurie.
Autre thème marial représenté ici (vitrail D), la Dormition de la vierge. L'église Catholique a assimilé la mort de la vierge à un sommeil. On ne trouve dans le nouveau testament aucun renseignement sur la mort de Marie, mais 2 traditions s'y rapportent : Marie aurait suivi St Jean à Ephèse, et y aurait été enterrée.
Selon l'autre version, elle aurait été ensevelie à Jérusalem. En France, on la représente à partir de la fin du XIIe siècle entourée des apôtres tandis que des anges emportent l'âme de Marie sous forme d'une figure à demi enveloppée dans un linceul.