Eglise d'Alleaume

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Eglise Notre-Dame d'Alleaume


BIBLIOGRAPHIE
L'église Notre-Dame d'Alleaume a été édifiée aux XIe - XIIe siècles, époque dont il reste d'intéressants vestiges ; elle subira d'importants remaniements aux XIIIe, XVe et XVIIIe siècles.


DE L'ÉPOQUE ROMANE
Dans le mur Sud du choeur et de la nef, à l'extérieur, des vestiges d'arcs en plein cintre, colonnes et chapiteaux à crochets. Des modillons à tête humaine (anthropomorphes) soutiennent la corniche du choeur. Sur le croisillon Sud, un bas relief considéré comme le plus bel élément sculpté de la région : il représente deux hommes drapés, assis dans des fauteuils, à gauche Saint Pierre tient les clefs dans sa main, l'autre, Saint Jean est accompagné de son aigle enserrant le bras de son siège, à côté d'eux, l'agneau pascal porte une croix.
A l'intérieur de l'église, côté gauche du choeur, une baie romane.

DE L'ÉPOQUE GOTHIQUE
XIIIe siècle : les fenêtres en arc brisé à meneaux bifurques du choeur et du transept sud.
XVe siècle : la baie à remplage gothique flamboyant du transept Sud.
XVIe siècle : la croisée d'ogives à nervures prismodiques reposant sur des culots sculptés représentants les 4 évangélistes (tétramorphe).
XVIIe siècle : le cadran solaire, pierre calcaire, côté sud de la nef.
XVIIIe siècle : construction du clocher, côté sud du choeur, de tour carrée, il se termine par un toit en bâtière, une seule cloche l'occupe, fondue en 1805 et prénommée « Catherine ».
De cette époque, date également la surélévation de la nef au niveau des 2 premières travées, comme en atteste la date de 1887 sur une clef de voûte, et le remaniement de la façade ; ce qui explique son aspect classique voire austère. Intérieurement, l'harmonie de la nef est conservée et les baies classiques renforcent cette impression d'unité. Le pavage de la nef, du transept et de la chapelle de la Vierge est du XVIIIe siècle, tout comme la sacristie et sa patine, pierre calcaire sculptée, datée de 1759 par inscription. La chaire à prêcher en bois de sapin peint et la poutre de gloire (ou perque) accompagne l'ensemble. Le confessionnal est d'époque restauration.
XIXe siècle : l'essentiel de l'aménagement intérieur date de cette époque. Bel ensemble de boiseries , murs lambrissés jusque dans le choeur. Une intéressante et complète bancellerie en bois de sapin occupe la presque totalité de la nef : de facture sobre, elle s'intègre discrètement à l'espace réservé aux fonds baptismaux. On construit également une tribune dont la balustrade en bois tourné était celle du choeur (1808). Les autels latéraux sont de style néo-gothique et le confessionnal Directoire.
Le choeur, lambrissé lui aussi, présente des stalles disposées en hémicycle et pourvues de miséricorde, ainsi qu'une pièce de choix le Maître-Autel et son retable par Armand FRERET (1805). L'autel, de forme ovale, est orné sur le devant d'un singulier bas-relief représentant l'enfant Jésus couché sur une croix, imitation d'un tableau de l'Albane à Florence.Concave et monumental, le retable est composé de 6 colonnes en bois peintes en trompe-l'oeil imitant le marbre. Entre ces colonnes, des niches qui abritent des statues moulées par Moreau en 1808 à la manufacture de porcelaine de Valognes (1792-1812). Elles représentent Saint-Martin, Saint-Joseph, Sainte-Geneviève, et Saint-Pierre. Également en porcelaine, la Vierge de la Crucifixion et une Sainte-Marie-Madeleine dans la chapelle sud. Au centre du retable, une toile ovale représente l'assomption de la Vierge (XVIIIe siècle). Dans l'ancienne chapelle des « cloches », à gauche du sanctuaire, se trouve la statue « miraculeuse» de Notre-Dame de la Victoire. Cette vierge à l'enfant (pierre calcaire XVIe siècle), provient de la chapelle de la Victoire, cachée au moment de la Révolution, elle a été rendue à ses fidèles en 1828 dans l'église d'Alleaume. Annexée à Valognes en 1867, la commune d'Alleaume a conservé son édifice en tant qu'église paroissiale jusqu'en 1923, elle a servi à nouveau d'église principale, mi-rurale, mi-citadine, entourée par son cimetière est encore ouverte au culte.

♦ Josy Maux, juin 1999