Février 2016 - « Le prodigue de Sourdeval »

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Le 13 décembre 2015, comme tous les évêques du monde, sur l'invitation du pape François, j'ai eu la joie de présider la belle liturgie d'ouverture de la porte sainte, porte de la Miséricorde, dans la cathédrale Notre-Dame de Coutances. Une grande foule s'était rassemblée, de tous les âges, grave et joyeuse à la fois. Nous avons vécu là un vrai pèlerinage de la foi baptismale, à la suite de Jésus, le Bon berger de la miséricorde.

A cette occasion, une image été distribuée. Vous l'avez peut-être reçue. Elle représente un vitrail de la restauration de l'Eglise de Sourdeval dans le sud Manche. L'artiste Max Ingrand a signé une œuvre magnifique, aux traits vigoureux et aux couleurs fortes, qui représente le retour du  fils prodigue au Père dans la parabole de l'Evangile de Luc au chapitre 15.

Chaque année, à la veille de Noël, j'aime rejoindre des détenus des prisons de Coutances et Cherbourg pour célébrer la nativité avec eux. Le 24 décembre dernier, à la fin de l'homélie, j'ai remis à chacun d'entre eux l'image de la miséricorde, le vitrail du prodigue. L'un d'entre eux y a vu l'histoire - je reprends ses propres mots - « d'un vieux plein de tunes qui ouvrait ses bras à un jeune de la rue » !

Dans les yeux de ce jeune détenu, j'ai compris que l'évangile faisait surement écho à une détresse vécue, à son rêve aussi, certainement, d'une hospitalité chaleureuse, peut-être aussi à un geste de bonté qu'il avait lui-même reçu. Il y avait un beau climat de douceur et de ferveur.

A la fin de la célébration, j'ai suggéré à tous les prisonniers, que si, par bonheur, ils étaient libérés dans l'année 2016, ils pourraient peut-être, ce jour-là ou quelque temps après, passer la porte sainte de la cathédrale, portant sur eux l'image de la miséricorde du Père, rendant grâce à Dieu pour leur liberté retrouvée et lui confiant le renouvellement de leur vie dans la grâce de sa miséricorde en Jésus.

Chers diocésains, je ne sais pas si ces gars franchiront un jour la porte sainte. Mais, iI n'y en aurait seulement qu'un seul, quel geste magnifique, il vivrait là, et quelles grâces, il recevrait.

A la condition, cependant, que cet homme libéré trouve ensuite sur son chemin quelqu'un qui sache l'accueillir comme le Père ouvre ses bras au prodigue.

Bon et saint jubilé à tous !

+ Laurent Le Boulc'h
Evêque de Coutances et Avanches