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Particularités du calendrier diocésain de Coutances et Avranches

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Sources : Liturgie des heures du diocèse de Coutances et Avranches 1993. Le livret, perle du diocèse, est disponible au secrétariat de l'évêché.


  • 17 janvier : Notre-Dame de Pontmain :

Le soir du 17 janvier 1871, de 18h à 21h, la Vierge Marie apparut dans le ciel de Pontmain à de jeunes enfants et leur communiqua, de la part du Seigneur, un message de prière et d'espérance : " Mais priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils se laisse toucher " Cette fête fait partie du calendrier de l'Eglise de Coutances et Avranches.

" Mais priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher ".
 
  • 30 janvier : Saint Gaud :

la trace historique de ce personnage consiste en une pierre retrouvée près d'ossements sous le clocher de l'église Saint-Pair. Le rituel parle de la mémoire collective qui fait émerger un évêque devenu ermite près de l'église de Scicy et mort en 491. A la fête de janvier, s'ajoutent de nombreuses démarches individuelles et le pèlerinage de Pentecôte qui fait mémoire de la peste stoppée à Champrepus...

L'office des lectures du jour a choisi le sermon de Maxime de Turin et ses images maritimes :

" Tenant courageusement le gouvernail de la foi, il a désormais jeté l'ancre de l'espérance dans un mouillage tranquille, il a fait accoster au port désiré son navire plein de richesses du ciel et des marchandises de l'éternité ... ".
 
  • 28 février : Auguste Chapdelaine

Auguste Chapdelaine naquit en 1814 dans une famille d'agriculteurs de la Rochelle Normande. Il aurait pu y demeurer : il travailla d'ailleurs jusqu'à vingt ans dans la ferme familiale. Mais autre chose le préoccupait, qui se précisa : il se sentait appelé à partir loin, bien loin au delà des frontières verdoyantes de son pays natal ; Dieu lui donnait le désir et la force d'être missionnaire en Chine, alors même que là-bas, depuis 1814 justement, l'année de sa naissance, les martyrs se succédaient. A-t-il entendu, enfant, parler des trente-trois chrétiens, chinois et prêtres français des Missions étrangères, exécutés le jour de la Sainte-Croix, le 14 septembre 1815 ? Il semble que sa vocation ait toujours été axée autour de la signification même du martyr: être témoin, jusqu'à l'extrême. Mais avant d'être admis dans la Société des Missions Etrangères de Paris, il fallait acquérir de l'instruction, devenir prêtre. Et Auguste entra à vingt ans, plus âgé sans doute que ses compagnons d'étude, au petit séminaire de l'Abbaye Blanche à Mortain. En 1843, il était ordonné ; mais il lui fallut patienter encore sept ans comme vicaire à Boucey. Lire plus

" Il vous est utile que votre pasteur meurt pour vous ". (Auguste Chapdelaine).
 
  • 1er Mars : Saint Léon de Carentan

Né à Carentan, vers 856, page à la cour du roi de Germanie, il quitte la vie de courtisan et entre dans les ordres. Il porte l'Evangile chez les Basques. Décapité par des pirates, il devient le saint patron de la ville de Bayonne.

"Dans un monde qui exalte les moyens de puissance, fais de nous, à l'exemple de St Léon, les témoins et les artisans de ton Royaume de paix " (prière de l'office).
 
  • 4 Mars : Bienheureuse Placide Viel

Née à Quettehou, en 1815, Victoire Viel était entrée au noviciat de l'Abbaye en 1833. Elle fut aussitôt remarquée par Mère Marie-Madeleine Postel qui veilla spécialement sur sa formation spirituelle, la nomma conseillère de sa congrégation et l'envoya parfaire son instruction à l'École Normale d'Argentan, puis à Paris quêter à la Cour, pour relever les ruines de l'église abbatiale et de ses bâtiments. Elle la préparait ainsi à lui succéder. A partir de 1846, devenue supérieure de l'abbaye de Saint-Sauveur, la Mère Placide reprit ses quêtes dans la Manche, dans la capitale, en Allemagne et en Autriche afin d'achever la reconstruction de l'abbatiale et du monastère. Elle avait une confiance absolue en la Providence et, comme sainte Marie Madeleine Postel, elle avait le don de prophétiser. On lui attribue également des miracles. béatifiée en 1951 par Pie XII, elle est fêtée le 4 mars.

" Si Jésus dit à un cœur impatient : sois patient, il le sera ; s'il dit à un cœur froid et peu charitable : sois brûlant et charitable, il le sera ; s'il dit à un cœur rempli d'affection pour le monde : sois détaché, aussitôt il sera changé. Qu'il est grand et puissant, celui qui opère tant de merveilles... " (lettre de Placide Viel).
 
  • 18 Mars : Bienheureuse Marthe Le Bouteiller

Peut-être moins connue, elle était née en 1816 ; domestique, elle entra à vingt-six ans chez les Soeurs de la Miséricorde. Envoyée à la Chapelle-sur-Vire, elle tomba dans les eaux glacées du Marquerand en faisant la lessive. Elle échappa à la noyade mais resta paralysée des genoux : plus question de la garder au couvent. Désespérée, elle se confia à soeur Marie-Madeleine Postel qui décida de la garder ... et la guérit d'un signe de croix. Dès lors, elle ne quitta plus Saint-Sauveur, accomplissant, durant cinquante ans, les plus humbles tâches, le jardinage et le soin du cellier: il fallait chaque jour nourrir en légumes et en cidre frais les tables du couvent qui comptait alors cent cinquante personnes.
Mais soeur Marthe, apparemment vouée à la vie matérielle du couvent, n'en avait pas moins une vie spirituelle intense, et de grandes grâces. La mère Placide le savait bien, qui envoyait prier la petite soeur au tombeau de la fondatrice chaque fois que l'abbaye connaissait des difficultés. Et l'on dit, du côté de Saint-Sauveur, que jamais, tant que soeur Marthe s'occupa du cellier, le cidre ne vint à manquer : il semblait toujours miraculeusement réapprovisionné... On la fête le 18 mars. C'est Jean-Paul II qui la béatifia en 1990.

La congrégation continua à se développer au 20e siècle. Séparées par la Première Guerre mondiale, les Sœurs françaises et allemandes tendent aujourd'hui à l'unité. Selon la prédiction de leur fondatrice, elles sont présentes sur tous les continents : en Europe, on les trouve en Allemagne, Hollande, Angleterre, Irlande, Italie et Roumanie; en Afrique, elles sont au Congo, en Côte d'Ivoire, au Mozambique. Et on les trouve aussi en Inde, Indonésie, et enfin en Bolivie et au Brésil.


" Faisons le plus de bien possible en nous cachant le plus possible... " (maxime de M-M Postel).
 
  • 16 avril : Saint Pair et Saint Scubillion

Nés à Poitiers après 480, ces deux moines portent l'Evangile dans le Cotentin et s'arrêtent à Scissy. Ils fondent des monastères de Coutances, Bayeux, Rennes, Le Mans. Saint Pair est élu évêque d'Avranches.

" Dieu de miséricorde, par la prédication de l'évêque Saint Pair, tu as appelé nos aïeux à la foi. Accorde nous à sa prière et à celle de Saint Scubillion, son compagnon, de marcher dans la vérité de l'évangile " (prière de l'office).

  • 24 avril : Saint Guillaume Firmat
(+ 1103)
Né à Tours, il fut ordonné prêtre dans ce diocèse. Mais il était attiré par la solitude et devint ermite dans les forêts du Maine, de Vitré et enfin à Dompierre en Mantilly, à la frontière du diocèse d'Avranches, où il bâtit une chapelle. Mais il laissa bientôt son ermitage pour partir en pèlerinage en Terre Sainte, et fut fait prisonnier. Il se passa un long moment avant qu'il puisse revenir enfin à Mantilly, où la population aimait à venir le voir pour prendre conseil, où d'ailleurs des disciples s'étaient réunis autour de lui. Lorsqu'il mourut, le 24 avril 1103, il était considéré comme un saint. On l'inhuma dans la collégiale Saint-Evroult de Mortain. Il est d'ailleurs devenu le patron de cette ville et le protecteur des prisonniers.

" Qui serait troublé par la solitude du silence, puisque celui qui parle à Dieu n'est ni seul ni silencieux ? En effet, durant la Lectio Divina, le Père lui parle ou lui-même parle au Père, le Fils lui parle ou lui-même parle au Fils, le Saint Esprit lui parle ou lui-même parle à l'Esprit ; il parle à la Sainte Vierge et autres Saints de Dieu. Heureux échanges et agréable rencontre, où tout est bénéfique et où rien n'est temps perdu... " (Guillaume de Firmat).
 
  • 28 avril : Saint Louis-Marie Grignon de Montfort

(1673-1716)
Né à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), il devint prêtre à l'âge de vingt-sept ans. A la suite de saint Jean-Eudes, il fut missionnaire en France, parcourant les diocèses de l'Ouest, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Nantes, Poitiers, Luçon, Bayeux et Coutances. Il fondait des écoles, plantait des croix, se juchait dans les arbres pour prêcher à une assistance passionnée. Clément VI le déclara missionnaire apostolique, ce qui n'empêcha pas certains évêques - dont celui d'Avranches - de le repousser et même de lui interdire de célébrer la messe. Il fut en revanche très bien accueilli à Villedieu-les Poêles, à Saint-Lô et dans tout le diocèse de Coutances. Le Mesnil-Hermant conserve le souvenir de son passage. Vouant une immense piété à la Vierge Marie, il est considéré comme l'un des maîtres modernes de la théologie mariale. Fondateur des Soeurs de la Sagesse et des Prêtres de la Compagnie de Marie, il était à Saint-Laurent-sur-Sèvres en Vendée lorsqu'il fut terrassé par la maladie. Sa fin montre sa simplicité et sa joie de vivre : mourant, il trouva la force de se redresser pour chanter un cantique de sa composition,

"Allons, mes bons amis,
Allons en paradis
Quoiqu'on gagne en ces lieux,
Le Paradis vaut mieux"...
 
  • 29 avril : Bienheureux Achard

Anglais d'origine, chanoine régulier de Saint-Victor à Paris, il en fut élu abbé en 1155. C'est lui qui, en 1160, envoya à l'abbaye Notre-Dame du Voeu à Cherbourg un groupe de moines victorins pour en former le premier noyau de religieux. En 1161 il devint évêque d'Avranches et eut un rôle prépondérant dans le choix de l'implantation définitive de l'abbaye Sainte-Trinité de la Lucerne, dans la construction de l'église abbatiale et du monastère. Il est le seul évêque d'Avranches à avoir laissé une oeuvre doctrinale importante, parvenue jusqu'à nous. Ce mystique a écrit un traité de métaphysique et un recueil de sermons. Il a été inhumé dans l'église abbatiale de la Lucerne.

" L'homme sort de lui-même et Dieu pénètre en lui. Est-il hôte plus agréable, plus délicieux...Sortir de soi-même pour Dieu, ce n'est pas tant sortir de soi qu'entrer au fond de soi. C'est comme si l'on sortait de sa maison pour se rendre non pas au vestibule d'entrée mais dans la chambre la plus intérieure... " (sermon du bienheureux Achard pour le 1er dimanche de Carême).
 
  • 4 Mai : Saint Marcouf

(+ 558)
Né à Bayeux, il est ordonné prêtre par Possesseur, évêque de Coutances. Il consacre tout son temps à évangéliser le Cotentin, mais aussi les îles de la Manche - il laissera à Jersey son disciple Hélier - et fonde à Nantus, aujourd'hui Saint-Marcouf-de-l'Isle, un important monastère. Saint-Lô était présent lorsqu'il mourut. Ses reliques, bientôt considérées comme miraculeuses furent transportées à Corbény, où elles avaient la réputation de guérir les écrouelles.

" Pénétré d'une foi vive et d'une espérance inébranlable, le missionnaire doit être un homme de prière ; il doit être enflammé d'un esprit de force, d'amour, de maîtrise de soi... " (Vatican II).
 
  • 6 Mai : Saint Germain de la Mer

(+ 480)
Il s'appelait Germain, comme son parrain, saint Germain d'Auxerre. Il fut évêque itinérant et vint jusque dans le diocèse de Coutances, dont il évangélisa tout le littoral autour de Carteret, Flamanville, mais aussi du côté de la baie des Veys, en passant par Querqueville, Montebourg, et Carentan. Il mourut martyr à Saint-Germain-sur-Bresle.

" Quand l'Eglise va vers un peuple qui n'a pas encore reçu la foi, elle va à la rencontre d'une grâce de Dieu. En effet la grâce est en travail dans chaque groupe humain... "

  • 7 Mai :Saint Thomas Becket

De souche normande, Thomas Becket est né à Londres. Archidiacre de Coutances et chancelier d'Angleterre, il est élu évêque de Cantorbéry. Face à son ami le roi Henry II, il défend les intérêts de l'Eglise. Calomnié et poursuivi dans sa cathédrale, il est massacré, avec la complicité du roi.

Un an plus tard, Henry II vient recevoir le pardon du pape à la porte de la cathédrale d'Avranches. Thomas Becket est canonisé et le diocèse de Coutances est un des premiers à lui rendre un culte. Une église lui est dédiée dans le faubourg de Saint Lô, ainsi qu'un croisillon de la cathédrale.

Plus près de nous, deux chefs d'œuvre du théâtre lui rendent hommage : Meurtre dans la cathédrale et Becket ou l'honneur de Dieu : voir feuillet " Pèlerinage en l'honneur de Thomas Becket ".

Saint Thomas Becket, priez pour nous !
A la manière des coulisses du théâtre, soufflez-nous comment s'y prendre
Pour ne tolérer ni l'intolérable, ni l'abus de pouvoir, ni l'iniquité.

Après vous et avec vous, apprenez-nous l'intransigeance
Sans renoncer à l'amitié
Sans détruire l'amour du conjoint
Encore moins l'amour de l'enfant.
Gardez-nous de murer l'avenir,
de voiler nos propres contradictions.

Au nom de la communion des saints,
Saint Thomas Becket,
Avec le vent du large,
Soufflez-nous le pardon,
Celui que l'on reçoit et celui que l'on donne.
Saint Thomas Becket, priez pour nous
(L. Malle)
 
  • 8 mai : Bienheureuse Marie Catherine de St Augustin

Catherine de Longpré est née et baptisée le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, en basse Normandie. Élevée par ses grands-parents, Catherine entre vite en contact avec les pauvres et les malades que sa grand-mère reçoit chez elle. Elle n'a que 3 ans quand elle demande au Père Jésuite, ami de la famille ce qu'il faut pour plaire à Dieu. Celui-ci lui montre un malade en lui expliquant que c'est en acceptant sa maladie qu'il fait la volonté de Dieu. Ce sera son leitmotiv toute sa vie durant. Elle entre au Monastère des « Augustines de Bayeux » à l'âge de 12 ans et demi. Elle prend l'habit religieux à 14 ans le 24 octobre 1646 et se nommera désormais Marie- Catherine de Saint-Augustin. À 16 ans, le 31 mai 1648, Soeur Catherine, quitte la France pour le Canada. Elle répond à une demande d'aide de la part des premières religieuses hospitalières venues fonder le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique, soit l'Hôtel-Dieu de Québec établi en Nouvelle-France depuis 1639.
 
  • 12 juillet : Dédicace de la cathédrale de Coutances

Après les ravages des Normands, jusqu'au XIème siècle, Coutances sera sans évêques (réfugiés à Rouen) et donc sans cathédrale. Le 3 décembre 1057, une cathédrale romane est dédicacée. Endommagée par un tremblement de terre, elle est restaurée en gothique et dédicacée à nouveau un 12 juillet d'une année inconnue. La " cathédrale de fierté ", comme l'a surnommée Louis Beuve, offre un hommage à Notre-Dame et au Christ, Lumière venue d'en haut. La tour lanterne est une pure merveille qui réjouit le pèlerin.

" Voici la demeure de Dieu parmi les hommes... " Apocalypse

  • 16 juillet : Saint Hélier

D'origine belge, passé du paganisme à la foi chrétienne, disciple de Saint Marcouf, il se fixe à Jersey qui fait partie du diocèse de Coutances. Martyrisé par des pirates vers 552.

" Animé de ta force et de ton amour, Seigneur, Saint Hélier a préféré à tout la fidélité au Christ..." (prière de l'office).
  • 17 juillet : Sainte Marie-Madeleine Postel

Fille de cordier du village de la Bretonne, à Barfleur, Julie Postel naquit en 1756. Elle résolut très jeune de se consacrer à Dieu. Après des années de pension chez les Bénédictines de Valognes, elle fonda une école de filles à Barfleur, et quand survint la Révolution, soutint les prêtres réfractaires, fit le catéchisme, distribua clandestinement la Communion. Elle devint institutrice à Cherbourg. Mais son désir de devenir religieuse restait intact. Avec trois jeunes filles, elle obtint l'autorisation de fonder une petite congrégation de religieuses, ayant vocation à enseigner : le 8 septembre 1807, jour de la fête de Notre Dame de la Miséricorde, qui donna son nom à la nouvelle congrégation, Mère Marie-Madeleine et ses trois premières filles prononcèrent leurs vœux perpétuels dans la chapelle de l'hospice de Cherbourg.

De là, les soeurs allèrent d'étape en étape par Octeville l'Avenel, Tamerville, Valognes, Tamerville de nouveau. Le périple se termina dans les ruines de l'ancienne abbaye bénédictine de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qu'elle acheta en 1832. L'Institut des Soeurs de la Miséricorde prit vite son essor et se développa dans l'Ouest de la France tout d'abord, puis en Allemagne et aux Pays-Bas. La Mère Marie-Madeleine veillait à la formation de ses soeurs et à l'extension de sa congrégation, insistant sur "l'obéissance jusqu'à la mort", la charité et la vie de prière. Bien avant sa mort, en 1846, elle était considérée comme une sainte. Elle fut canonisée en 1925.


" Allez, mes filles, instruire la jeunesse ; on vous en a jugées capables. Si vous croyez le contraire, dites-vous à vous-mêmes : " C'est Dieu qui m'envoie " (Lettre de M-M Postel).
 
  • 18 juillet : Saint Clair

La tradition populaire normande veut que ce personnage soit né en Angleterre au IXème siècle. Après avoir traversé la la Manche, il se retire dans les bois de Nacqueville. Il meurt martyr à Saint-Clair-syr-Epte, pour avoir repoussé les avances d'une femme.

" Attention ! Ne te laisse pas aller à l'idée de te faire mourir toi-même, sous prétexte que tu dois haïr ta vie dans ce monde. C'est ce que pensent certains hommes méchants et pervertis qui sont devenus des bourreaux d'eux-mêmes... " (Sermon de St Augustin).

  • 19 août : Saint Jean Eudes

Né à Ri, dans l'Orne, en 1601, il entre chez les Oratoriens et parcourt le Cotentin, en fondant un institut pour les filles repenties, en assistant les pestiférés et les prisonniers impliqués dans la révolte des Nu-pieds. Outre les missions, il fonde des séminaires à Caen, Coutances, Lisieux, Rouen, Evreux et Rennes. Il répand la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie. Le diocèse de Coutances lui doit la construction de la chapelle du séminaire.

" Notre Dieu est un cœur qui bat la chamade aux portes des vivants... " (Michel Scouarnec).
 
  • 2 septembre : Bienheureux François Lefranc et les martyrs de la Révolution

La Constitution Civile du Clergé a divisé les prêtres et les chrétiens. La Révolution a écrit de pages très sombres. Parmi les 191 prêtres et laïcs massacrés à Paris les 2 et 3 septembre, 23 ont une attache au diocèse de Coutances. Ayant refusé la Constitution civile du clergé, ils ont choisi l'honneur de Dieu. Et la liberté de l'Eglise.

François Lefranc était vicaire général de Coutances. Béatifiés avec lui : C-J du Perron, M-S Binard, J-F Bonnel, Nicolas Cléret (né à Barfleur), Jacques Dufour( de Troisgots), Gilbert Fautrel (de Marcilly), Georges Girault, Julien Hédouin (Coutances), J-B Jannin (Sourdeval), Gilles Lanchon (Les Pieux), Robert Le Bis (Torigni), Louis Le Danois (Moitiers en Bauptois), Jacques Lejardinier-Deslandes (vicaire à La Feuillie), Jean-Pierre et Julien Le Laisant (Valognes), J-B et René Nativelle (Guilberville), J-B Pontus (Néville sur Mer, Pierre-Claude Pottier (Valognes), J-L Rabé (Sainte-Mère-Eglise), Pierre Regnet (Cherbourg), Jean Samson (Avranches).

" Je n'y connais plus rien : vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s'ils allaient à la noce... " (un commissaire).

  • 9 septembre : Saint Omer

Né à Orval, au temps du Roi Dagobert, Omer est nommé évêque. En bon Pasteur, il prend soin de ses fidèles, s'attache au rachat des prisonniers et au soulagement des pauvres.

" Vous êtes le champ que Dieu cultive. Recevez au dehors celui qui plante et qui arrose, mais au-dedans celui qui donne la croissance...) " Saint Augustin).
  • 10 septembre : Saint Aubert

(+ vers 725)
Aubert, originaire de Genêts, était évêque d'Avranches lorsque, selon la tradition, l'archange saint Michel lui même serait venu lui faire en songe la demande de fonder un lieu de culte sur le Mont Tombe. Ce n'était pas un lieu commode que cette pointe rocheuse à peine rattachée au continent, couverte de broussailles et seulement habitée, outre les bêtes sauvages, par quelques ermites. Aubert, une fois réveillé, préféra penser que ce rêve venait du Malin... Et quand, quelques nuits plus tard, le rêve se répéta, l'évêque Aubert, campant sur ses positions, redoubla de prières et de jeûnes pour faire disparaître cette idée désastreuse.... L'Archange alors se fâcha : il apparut une troisième fois à Aubert, lui réitérant sa demande, en la lui enfonçant dans le crâne, au sens propre puisque, une fois réveillé, l'évêque portait sur son os pariétal cette marque en creux que l'on peut encore constater sur ses reliques. Aubert comprit alors qu'il fallait s'exécuter. Il entreprit aussitôt de faire bâtir un petit sanctuaire dédié à saint Michel. Des événements providentiels le guidèrent dans sa tâche : un rond de rosée, un matin de septembre, lui indiqua la forme de l'oratoire, un taureau attaché en montra l'emplacement. Une source fut trouvée, un puit creusé. Il fallut encore arracher une pierre cultuelle païenne. En 708 environ, Aubert envoya des moines chercher au sanctuaire du Mont Gargano en Italie, dédié à saint Michel, des reliques du lieu. Puis, le 16 octobre 709, l'évêque fit la dédicace de l'église et y installa un chapitre de douze chanoines. Le Mont Saint-Michel était né.

D'après la Liturgie des Heures du diocèse de Coutances et d'Avranches et M.Miquel-Regnauld, Les saints normands au Moyen-Age.


" Voici que l'oreille de mon cœur est à l'écoute devant toi, Seigneur, fais qu'elle t'entende et dis à mon âme : c'est moi ton salut. Je veux accourir vers cette parole et te saisir enfin " Confessions de Saint Augustin.
  • 17 septembre : Saint Floscel

(+ vers le IVe siècle)
L'un des plus anciens témoignages de l'implantation du christianisme dans le Cotentin est le culte de saint Floscel. Près de Montebourg, une église lui est dédiée. Autour de cette église, une vaste nécropole paléochrétienne, qui atteste que, dès le début de l'époque franque - Ve siècle - les fidèles se sont fait enterrer autour du corps du martyr.


" Je mets mes délices à être avec les enfants des hommes : Emmanuel, Dieu avec nous " (commentaire de St Bernard sur le psaume 90).

  • 18 septembre : Saint Senier

Né près de Coutances, il fut disciple de Saint Pair dans la forêt de Scissy. Il lui succéda sur le siège d'Avranches et porta l'évangile sur les îles voisines.

"Donne-moi, Dieu tout puissant, le vrai sens des mots, la lumière de l'intelligence, la foi de la vérité, afin que ce que je crois, je sache le dire aux hommes, et qu'instruit par les prophètes et les apôtres, je te proclame, Dieu.... " (traité de Saint Hilaire de Poitiers sur la Trinité)
  • 19 septembre : Saint Vital

Né à Tierceville près de Bayeux, il commença sa vie sacerdotale par la prédication, puis devint chanoine de Saint-Evroult et chapelain de Robert, comte de Mortain. Attiré par la solitude, il se retira dans un ermitage, avant de se consacrer à la fondation de plusieurs monastères, en France et en Angleterre. Parmi eux, Savigny, dont il fut l'abbé. Il bâtit aussi un couvent à Mortain pour sa sœur Adeline.

" Dans un lieu perdu ils ont cherché la source où renaît la soif ; dans un lieu caché, ils suivaient en pauvres le Christ pauvre. Avec une humble patience, ils attendaient l'heure où d'autres viendraient se joindre à leur quête " (Stance de l'office).

  • 22 septembre : Saint Lô

(+ vers 566)
Très jeune, Lô fut choisi par les évêques de Neustrie pour succéder à saint Possesseur sur le siège de Coutances. Sa famille était riche et puissante : cela était alors utile pour favoriser l'évangélisation des Francs et doter l'Eglise de Coutances, en cette période de grande transformation de la Gaule sous le règne des fils de Clovis. Son épiscopat fut long, il participa aux grands conciles de son temps, et son action évangélisatrice fut si essentielle, qu'on le choisit plus tard comme patron du diocèse.


Eglise de toujours à l'écoute du monde
Entends-tu bouillonner les forces de l'histoire ?
La terre est travaillée d'une sourde violence
Affamée d'unité en mal de délivrance.

" Eglise de toujours au service du monde,
Enracine la foi au cœur de nos détresses.
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d'angoisse et de promesse.

" Eglise de toujours, évangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante.
Baptise dans l'Esprit l'éclosion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire " (Hymne de l'office).

  • 25 septembre : Saint Jean de Brébeuf

(+ 1649)
Né en 1593 à Condé-sur-Vire, Jean de Brébeuf désira très tôt devenir missionnaire, au Canada. Il entra dans la Compagnie de Jésus et fut envoyé en pays Huron, où il fonda une mission. Mais en 1649, les Iroquois, entrés en guerre contre les Hurons, pillèrent et envahirent les villages de la mission. Jean de Brébeuf fut torturé deux jours complets, sans cesser de soutenir les siens et de prier pour ses bourreaux. Pleins d'admiration, ces derniers lui arrachèrent le cœur et le dévorèrent pour hériter de son courage...


" Tu as voulu, Seigneur, que la parole et le sang des martyrs, Jean de Brébeuf et ses compagnons, sanctifie les débuts de l'Eglise en Amérique du Nord : fais que se lève, à leur prière, une moisson de chrétiens, chaque jour plus abondante " (prière de l'office).
 
  • 12 octobre : Les saints évêques de Coutances et Avranches

On célèbre ce jour la fête de tous les saints évêques des deux anciens diocèses de Coutances et d'Avranches qui ne font pas l'objet d'une fête particulière. Dès le IVe siècle, saint Victrice, évêque de Rouen et ami du grand saint Ambroise de Milan, théologien, organise le diocèse d'Avranches. Puis, au siècle suivant, il semble que différents moines et missionnaires - on se souvient de saint Germain le Scott - arrivés par la mer, évangélisent le Cotentin ; c'est ainsi que sera créé l'évêché de Coutances.

" De même que le soleil, cette créature de Dieu, est le même pour tout le monde, de même la prédication de la vérité brille partout la même et illumine tous les hommes qui veulent arriver à la connaissance de la vérité " (Saint Irénée).

  • 16 octobre : Dédicace de la basilique du Mont-Saint-Michel

Dédicace de la première basilique du Mont Saint Michel par l'évêque Aubert, un 16 octobre, sans doute de l'an 709. Cette église était " ronde, en forme de caverne, capable de contenir une centaine de personnes et affectant la forme de celle qui existe au Mont Gargan.

" Victoire de lumière,
Terreur des ténèbres sur la terre,
Michel, au moindre appel, ton cri traverse les sept cieux :
" Qui est comme Dieu ? "

Où la force ne peut suffire,
Où le danger touche au pire,
Tu fais lever en profondeur
La puissance du Seigneur.

Feu vertical, ton glaive tranche !
C'est au plus sec de la branche
Comme à la racine du cœur
La présence du Seigneur !

Ange de justice, rappelle
Que la mort n'est pas mortelle
Si l'homme attend de son Sauveur
La sentence du Seigneur ! " (hymne de l'office).

  • 19 octobre : Bienheureux Thomas Hélye

(vers 1187-1257)
Né à Biville dans la Hague, il enseigne en plusieurs endroits avant de diriger l'école de Cherbourg. Mais il tombe malade. Rétabli, il se convertit à une vie de prière et de pénitence. C'est alors que l'évêque de Coutances lui propose le sacerdoce. Il s'y préparera par un pèlerinage à Rome, un autre à Compostelle et quatre ans de théologie à Paris. Devenu prêtre, il va parcourir le Cotentin et l'Avranchin en prêchant, confessant, célébrant partout la messe, suivi par des fidèles chaque jour plus nombreux et plus fervents. Il mena cette vie, sans compter sa peine, jusqu'à soixante-huit ans et mourut deux ans plus tard, à la porterie du manoir de Vauville. On l'enterra à Biville. Un culte se développa aussitôt, qui dure encore aujourd'hui. Un procès de béatification ayant été ouvert dès sa mort par l'évêque Jean d'Essey, une Vie de Thomas Hélie fut rédigée très tôt.


" Va, pèlerin, poursuis ta quête, va ton chemin
Que rien ne t'arrête, prends ta part de soleil et ta part de poussière ;
Le cœur en éveil, oublie l'éphémère.
Tout est néant ; rien n'est vrai hormis l'amour.
N'attache pas ton cœur à ce qui passe.
Garde en ton cœur la parole : voilà ton trésor " (stance de l'office).

  • 20 octobre : Sainte Adeline de Mortain et les saints de Savigny

(+ 1125)
Soeur de saint Vital, abbé de Savigny, elle était comme lui attirée par la vie monastique et fonda un groupe de moniales au Neufbourg près de Mortain. Lorsque Vital fit bâtir un couvent à Mortain, la communauté s'y installa en adoptant la règle et l'habit de Cîteaux. On l'appela " abbaye des Dames Blanches " et plus tard " Abbaye Blanche ". Avec Adeline on fête ce jour les autres saints de Savigny, saint Geoffroy, abbé, et saint Guillaume Niobé, religieux.


" Pourquoi garder toute la nuit vos lampes allumées ?
Pourquoi donner à votre vie le sens d'une attente infinie ?
Quelle espérance vous tient éveiller, vierges sages,
Et quelle promesse de joie ?

A travers l'amour qui brûle en vous, servantes du Seigneur,
Le cœur de Dieu nous presse de l'aimer sans partage " (répons de l'office).

  • 25 octobre : Saint Magloire

Au temps où les îles dépendaient du diocèse de Coutances, Magloire fut apôtre de Jersey et moine à Sercq.

" Aujourd'hui, comme au premier jour,
Le Royaume est promis aux pauvres.
Que le souvenir de ton appel ne quitte jamais ta mémoire !
C'est le Père qui t'a attiré, et le Fils de Dieu est ton chemin " (répons de l'office).

  • 26 octobre : Saint Fromond

(VIIè siècle)
Né selon la tradition à Brévands, il fut à la tête d'un monastère d'hommes, rattaché après la conquête normande à l'abbaye de Cerisy ; mais il est surtout connu pour avoir fondé une abbaye de moniales au Ham, près de Montebourg. En effet, la table de l'autel qu'il consacra le 15 août 679, une fois devenu évêque de Coutances a été conservée : c'est, avec le baptistère de Portbail, le plus antique monument chrétien du diocèse. Une longue inscription gravée en vers latins confère à cet autel un intérêt exceptionnel. Ce texte, restitué par Mgr Duchesne en 1885, témoigne du culte de l'Assomption en Cotentin au 7e siècle, ce qui est extrêmement tôt par rapport à la diffusion générale de ce culte, émergeant au 9e siècle, confirmé au 13e siècle. Important témoignage historique, il mérite d'être connu :

"Le recteur de la ville de Coutances, le seigneur Fromond, pontife, en l'honneur de la bienfaisante Marie, mère du Seigneur, a dans la foi élevé ce temple et cet autel, et en a fait la dédicace solennelle à la mi-août. Que l'anniversaire de cette fête soit célébré chaque année. L'an sixième du règne de Thierry III, roi de France, l'évêque Fromond qui vit encore heureusement, entoura de murs solides ce monastère. Exerçant sa charge pastorale dans l'amour du Seigneur, il établit de la plus heureuse façon la bergerie de ses ouailles. Il voulut les mettre à l'abri de la morsure des loups dévorants. Il prit grand soin de les diriger vers les pâturages éternels du Christ, unies au chœur des vierges, avec Marie la très sainte. Avec elle. Puissent-elles vivre et exulter dans les siècles éternels. De plus, le roi a concédé le terrain pour ce couvent. Fromond a commencé lui-même la construction avant de devenir évêque... A la suite de plusieurs largesses, il lui donna encore d'autres prairies, au nombre de sept. C'est ainsi que fut fondée cette basilique en l'honneur du Seigneur."


" Exerçant sa charge pastorale dans l'amour du Seigneur, l'évêque Fromond établit de la plus heureuse façon la bergerie de ses ouailles. Il voulut les mettre à l'abri de la morsure des loups dévorants. Il prit grand soin de les diriger vers les pâturages éternels du Christ, unies au chœur des vierges, avec Marie la très sainte... " (inscription du Ham).

  • 8 Novembre : Tous les saints de Coutances et Avranches

" Notre famille diocésaine compte une multitude d'hommes, de femmes, de jeunes et d'enfants dont les noms ne sont pas toujours connus et qui ont glorifié le Christ dans leur vie. Pasteurs, religieux, religieuses et laïcs, certains ont exercé un grand rayonnement spirituel. : tous ont vécu pleinement l'évangile. C'est ce peuple de témoins que nous fêtons dans une action de grâce envers le Seigneur " (texte de l'office).

" Dieu notre Père, source de toute sainteté, nous proclamons tes merveilles, en fêtant aujourd'hui tous les saints de notre Eglise : tu leur a donné sur terre les grâces les plus diverse et tu les rassembles au ciel dans une même gloire. Par leurintercession, accorde à chacun d'entre nous de répondre fidèlement à sa vocation. Par Jésus-Christ " (prière de l'office).
 
  • 19 Novembre : Saint Romphaire

Ordonné par Saint Lô, curé de Barfleur, il succède à Saint Lô vers 566. Lorsque son métropolitain est assassiné sur l'ordre de la reine Frédégonde en 587, il a le courage de présider ses obsèques. Illustration avec la cathédrale de Coutances.

" Une construction élevée par le travail des hommes ne dure pas, ce qui est intitulé selon les doctrines du monde ne tient pas, nos vains travaux et nos soins attentifs sont des gardiens inutiles. Il faudra donc bâtir autrement, garder autrement cette maison " (Saint Hilaire de Poitiers).


Texte: Louis Malle 2004

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